Thématique générale du CENS :

Analyse des recompositions des sociétés contemporaines


Axe 1 : Groupes populaires et dynamiques sociales

Responsables : Marie Cartier, Séverine Misset, Jean-Noël Retière

L'axe 1 du CENS « Groupes populaires et dynamiques sociales » s'inscrit dans la continuité de l'intérêt de la sociologie nantaise pour les groupes sociaux les plus séparés des avoirs, des savoirs et des pouvoirs. Cette orientation « historique », maintenue après la création du CENS en 1998 se poursuit. Longtemps focalisés sur « la classe ouvrière », les travaux se sont ouverts aux milieux populaires et à leurs franges, aux politiques publiques qui leur sont dédiées comme aux mouvements qui visent à les encadrer. L'atténuation de l'existence de cultures de classes tranchées ne dispense pas d'une réflexion sur les conditions de travail et de vie des groupes dominés et les nouvelles formes de particularisme nées de la dynamique récente d'accroissement des inégalités matérielles. La recomposition de l'équipe par l'arrivée de jeunes chercheurs (doctorants et EC) se traduit par un intérêt pour le "populaire" au féminin dans le monde du travail, mais aussi par une insistance sur les recompositions culturelles et symboliques des groupes populaires tant du côté du rapport à l'école que du côté du rapport au droit et à la justice.

  • Sous-axe 1.1 : Emploi, travail et recomposition du salariat d'exécution
  • Sous-axe 1.2 : Solidarités, conflictualités et mobilisations politiques
  • Sous-axe 1.3 : Rapports "ordinaires" aux normes morales

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Axe 2 : Croyances, professions, et conduites économiques


Responsables : Gilles Lazuech, Pascale Moulévrier, Fabienne Pavis

Prenant au sérieux le poids de l'économique dans les modes de hiérarchisation sociale contemporains ainsi que les transformations du capitalisme, l'axe « Professions, conduites et croyances économiques » est marqué pourtant par une ambition de ne pas enfermer les analyses dans une sociologie spécialisée, mais plutôt de regarder les questions économiques - et les réalités de travail dans lesquelles elles sont souvent prises - à l'aune d'une sociologie générale permettant de mobiliser des auteurs, des théories, des investigations potentiellement éloignés du champ économique. Les conduites économiques sont considérées ici comme un angle particulièrement pertinent pour rendre intelligibles les processus de rationalisation des activités et la transformation des groupes sociaux et professionnels. Les jeux et enjeux des classements économiques contribuent à délimiter, objectivement et subjectivement, ces collectifs, ce qui suppose de mettre en relation les pratiques et les croyances des acteurs économiques (qu'ils se pensent ou non comme tels) avec leurs profils socioprofessionnels. Cette posture a permis de nourrir un dialogue stimulant avec des économistes, qui ne considèrent pas tous avoir résolu la question de la mesure de l'utilité sociale en l'identifiant au prix marchand. Elle a également l'intérêt de redynamiser l'approche sociologique des professions. La question des frontières et de leur porosité, entre l'économique et le social, est ainsi revisitée : frontières entre une économie dite marchande et une économie dite sociale et solidaire, le patronal et le managérial, le travail et l'engagement, le politique et le religieux. En cinq ans, cet axe émergent a tenu ses promesses : quatre thèses et deux HDR ont été soutenues autour de ces problématiques, de nouvelles recherches approfondissent des réflexions engagées, d'autres innovent en s'engageant sur le terrain des petites élites économiques et de leur mobilisation ; il a permis en outre d'élargir le périmètre des relations scientifiques du laboratoire sans négliger les préoccupations d'une certaine demande sociale. La production scientifique s'est développée dans trois directions:


  • Sous-axe 2.1 : Les frontières de l'économie
  • Sous-axe 2.2 : Patronats, engagements et conflits
  • Sous-axe 2.3 : Groupes professionnels, marché du travail et emploi
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Axe 3 : Sciences de gouvernement et catégories d'action


Responsables : Sarah Ghaffari, Rémy Le Saout, Martine Mespoulet

Le programme de recherches (2010-2015) initié par l'axe a pour ambition de décaler le regard par rapport aux approches institutionnalistes et relativement désincarnées qui prévalent dans le champ de la recherche sur l'action publique territoriale. S'inscrivant dans le parti pris de réalisme sociologique développé au CENS, il s'agit d'étudier les pratiques de travail en matière de mise en œuvre des politiques publiques locales. Les travaux visent à une meilleure intelligibilité des modes d'action locale et de leurs conséquences sur l'ordre social. Plus exactement, l'axe 3 participe d'une réflexion largement partagée par les sciences sociales sur les transformations des modes de gouverner caractérisant les sociétés contemporaines mais en s'intéressant principalement aux processus des productions des catégories politico-administratives et à leurs applications locales. Les « catégories », « outils », « dispositifs », « mesures » adoptés pour traiter des problèmes locaux sont dès lors toujours appréhendés comme des représentations objectivées et le résultat institutionnalisé de la mobilisation concurrentielle de multiples acteurs dont il s'agit de mettre en lumière la configuration de relations, les trajectoires, les modes de pensée et d'action. Les travaux de l'axe 3 appréhendent l'action publique sous l'angle d'une approche localisée du travail politico-administratif. S'ils confirment que selon les configurations locales, les acteurs disposent d'une relative autonomie d'action ce qui tend à produire des situations contrastées dans l'application des dispositifs, ce sont surtout les savoirs mobilisés pour et par les "gouvernements locaux"" qui se sont graduellement placés au centre des préoccupations de la recherche. Aussi moins qu'une sociologie des politiques publiques territorialisées, l'axe 3 cherche avant tout à développer une sociologie de la mobilisation des savoirs et des techniques susceptibles d'orienter les représentations et les conduites des "gouvernements locaux". Cette ambition suppose de croiser l'analyse des instruments de l'action publique et celle de la production des catégories de pensée et d'action. C'est notamment pour mieux marquer cette orientation qu'en 2014, les membres de l'axe 3 ont décidé de changer l'intitulé de l'axe qui passe de "Action publique et territoires" à "Sciences de gouvernement et catégories d'action". Pratiquement, trois sous-axes organisent la recherche:


  • Sous-axe 3.1 : Savoirs mobilisés et modes d'action
  • Sous-axe 3.2 : Catégories administratives et définition des populations
  • Sous-axe 3.3 : Réception et usages des catégories


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Axe 4 : Santé, Corps et Sports


 Responsables : Estelle D'Halluin, Gildas Loirand, Baptiste Viaud

Constitué en 2010, l'axe « Santé, corps et sport » entendait faire valoir la contribution du CENS à la production de connaissances sur différents thèmes : la construction des problèmes sanitaires, les rapports entre santé et travail, les conditions d'accès aux soins, les usages du médicament, les délibérations éthiques des professionnels de la santé confrontés à des situations incertaines ou encore le rôle de l'État et des politiques publiques (européennes, nationales et locales) dans la gestion et la discipline des corps, dans l'« (in)visibilité » de certaines connaissances pourtant médicalement établies ou dans les injonctions contradictoires auxquelles sont soumis les professionnels de l'encadrement des corps, des sports et des soins. Les travaux menés ont bénéficié des acquis d'une longue tradition nantaise d'investigation sur les pratiques sportives, d'une part, et sur la santé d'autre part. Le pari scientifique était d'associer les recherches portant sur ces deux terrains empiriques autour d'une réflexion centrée sur les « cultures du corps ». Il s'est vu conforté par l'obtention, en octobre 2013, d'une allocation régionale de thèse relative à l'usure corporelle des professionnels de l'encadrement des activités sportives nautiques à finalités touristiques, et, en octobre 2014, d'un contrat doctoral relatif aux patientèles - pour partie sportives - des étiopathes.

Les travaux de l'axe 4 se donnent ainsi pour objectif d'analyser ce que le social fait aux corps à partir d'une sociologie des « cultures somatiques de classes » inséparablement associée à une sociologie des agents et des institutions engagées dans une activité de « gouvernement des corps » (médecins et autres « soignants », juges pénaux, arbitres, entraîneurs sportifs et autres encadrants, enseignants d'EPS). L'intention commune est ici d'inscrire les recherches sur la santé, les corps et les sports dans la perspective d'une sociologie des morales sociales et politiques, attentive à l'étude des dispositifs publics spécifiques au sport et à la santé. Sont ainsi étudiées les recompositions des justifications de la légitimité pour ce qui concerne les manières d'être corporelles et les usages du corps tout autant que les « traitements » (sociaux, médicaux, pénaux, scolaires...) dont le corps peut ou doit faire l'objet. Marquées par une volonté de dialogue avec les spécialités scientifiques aujourd'hui hégémoniques sur le thème du corps et de la santé (biologie, médecine expérimentale, neurosciences, épidémiologie...), les recherches réalisées ou en cours s'attachent à une sociologie de l'invisibilité des déterminations sociales qui affectent les corps biologiques ainsi que les rapports au corps et à la santé. Sans négliger ce que leurs objets doivent à l'histoire, ces recherches reposent systématiquement sur des travaux d'enquêtes contextualisées, d'analyse d'archives et de données quantitatives. Elles s'inscrivent dans le cadre de nombreux partenariats scientifiques qu'impliquent les programmes de recherche financés en cours de réalisation (MIGSAN, LMA, AUTOMED...) ou récemment lancés (ANR « Réprimer et soigner »). La valorisation des résultats obtenus se trouve favorisée par les relations entretenues au niveau régional, national et international avec diverses institutions non académiques (Cancéropôle, Gérontopole, Permanence d'accès au soins de santé, CHU, Réseau « Recherche et sport en Pays de la Loire », Comité régional de prévention des risques professionnels, Ministère de la culture, UNESCO, ARS...).

Aux fins de respecter les contours des collectifs de recherche et des réseaux dans lesquels sont impliqués les contributeurs de l'axe 4, trois sous-axes thématiques mutuellement perméables ont été distingués:

  • Sous-axe 4.1 : Engagements corporels et encadrements sportifs
  • Sous-axe 4.2 : Santé et risques professionnels
  • Sous-axe 4.3 : Politiques de santé et accès aux soins


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